Le jardin est décrit avec une précision géographique inhabituelle pour un récit de ce type, ce qui a nourri des siècles de recherches sur sa localisation et de discussions sur le statut de cette description.
Le texte nomme quatre cours d'eau issus d'un fleuve unique : le Pishôn, le Guihôn, le Tigre et l'Euphrate. Les deux derniers sont parfaitement identifiés et situent la scène en Mésopotamie ; les deux premiers n'ont jamais été identifiés avec certitude, malgré les nombreuses hypothèses avancées, du Nil au Gange en passant par des paléolits repérés par imagerie satellitaire dans la péninsule Arabique.
Éden vient probablement d'un mot akkadien signifiant plaine ou steppe, plutôt que de la racine hébraïque du plaisir, à laquelle le texte l'associe par jeu de mots. Le mot paradis, lui, vient du vieux perse pairidaeza, qui désigne un enclos, un parc royal entouré de murs : c'est ce terme que la traduction grecque des Septante emploie pour rendre le jardin, et qui a produit toute la postérité du mot.
La description correspond aux parcs des souverains proche-orientaux : espace clos, irrigué, planté d'arbres fruitiers et d'essences rares, peuplé d'animaux. Les reliefs assyriens en donnent de nombreuses représentations. Le récit biblique reprend donc une image familière à ses premiers auditeurs, en la déplaçant du roi vers l'humanité entière.
L'arbre de vie et l'arbre de la connaissance du bien et du mal occupent tous deux le centre du jardin, ce qui a intrigué les commentateurs. La connaissance du bien et du mal désigne vraisemblablement en hébreu la connaissance totale, par la figure des deux extrêmes, plutôt que la conscience morale au sens moderne.
Le jardin devient dans la littérature occidentale la matrice du lieu parfait perdu, du locus amoenus antique aux utopies modernes. Il inspire l'art des jardins, notamment le jardin clos médiéval et le jardin persan à quatre parties irriguées, dont la géométrie reprend explicitement les quatre fleuves du récit.